L’École nationale d’administration, de journalisme et de magistrature a organisé le samedi matin 19 avril 2025 une conférence dans le cadre du sixième épisode du cycle « Rencontre d’expérience », lancé début mars par le Directeur général de l’École, le Dr Mohamed Yahya Ould Saïd.

La conférence a été donnée par l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats et actuel président de la Commission nationale des droits de l’homme, Ahmed Salem Bouhoubeyni, qui a acquis une riche expérience alliant pratique du droit et engagement pour les droits humains.

Il a d’abord présenté son parcours personnel, en soulignant l’importance de la formation de base et de l’accumulation d’expérience, et en rappelant que l’exercice professionnel exige un développement continu des compétences et des connaissances.

Il a ensuite présenté son action à la tête de la Commission : ses compétences, les limites de ses relations avec les autorités, son rôle dans la promotion de la culture des droits et libertés, ainsi que sa coopération avec les organismes internationaux concernés.

Il a évoqué le rôle de la Commission dans la réception et le suivi des plaintes, en citant des cas concrets dans lesquels les personnes concernées ont été convoquées et les affaires réglées de manière à protéger les droits des individus. Il a indiqué avoir veillé, depuis sa prise de fonctions, à exercer pleinement toutes les prérogatives de la Commission, ce qui a permis des visites de terrain à l’intérieur du pays, notamment pour traiter les séquelles de l’esclavage ; ces visites ont permis de passer du débat théorique à des pratiques concrètes. Elles ont également concerné les prisons et les lieux de détention.

Il a souligné que la Commission élabore ses rapports en toute indépendance et neutralité, ce qui renforce sa crédibilité, et a cité l’exemple d’un précédent rapport sur la justice, qui a suscité un large intérêt grâce à ses observations objectives révélant des dysfonctionnements dans les procédures judiciaires.

Il a expliqué que l’attachement de la Commission à son indépendance et l’exercice plein de ses prérogatives lui ont valu le statut international « A » des institutions nationales des droits de l’homme, une accréditation dont ne bénéficient dans la région que la Mauritanie et le Maroc.

Il a attribué ce succès à la réceptivité des pouvoirs publics et à leur attitude positive envers la Commission, qui se traduit concrètement dans la vie des citoyens, tant par l’ancrage de la culture des droits humains que par le soutien au développement local, en citant plusieurs exemples.

La rencontre a suscité de nombreuses questions sur les aspects juridiques, professionnels et relatifs aux droits humains ; ces échanges ont renforcé la dimension pratique de la conférence et le lien entre théorie et réalité, enrichissant l’expérience de formation des élèves et leur conscience de leurs futurs rôles professionnels.

Plusieurs membres des équipes administrative et pédagogique de l’École ont assisté à la rencontre aux côtés du Directeur général.